Témoignages
Les bénévoles accompagnants témoignent de leur vécu sur le chemin des démarches accomplies avec les bénéficiaires.
Un bel après-midi de mai, j’ai décidé de « pousser la porte » d’Accompagner. Comme beaucoup de ceux qui ont pris la direction du 40, rue Vande Sande ; quelqu’un m’avait donné l’adresse et le petit feuillet « Tu vis une situation difficile ? » : une première petite conversation et une première main qui se tendait en réponse à une première démarche. Première, première, première : le fameux et parfois si difficile premier pas ! PEUR DU REFUS
Cela s'est passé il y a quelques jours dans un bureau de CPAS de, une commune de Bruxelles. Bénévole sur le terrain, j'accompagnais une dame tchétchène, mère de trois enfants, enceinte d'un quatrième. Elle désirait obtenir une attestation car, dépendant financièrement du CPAS, il lui fallait obtenir de la part de celui-ci l'autorisation d'introduire son dossier au Fonds du Logement sans risque de perdre les indemnités qui lui étaient allouées. Sans être vraiment rébarbative mais, habituée sans doute à traiter quotidiennement de nombreux dossiers similaires, l'assistante sociale lui déclara froidement qu'elle allait transmettre sa demande au comité. Celui-ci, après avoir statué, lui enverrait par écrit sa réponse " …étant bien entendu qu'elle pourrait venir chercher celle-ci dans ce bureau, si elle le souhaitait, pour accélérer la procédure, par exemple… " Sortis du bureau, la dame me dit qu'elle était timorée face à l'assistante sociale et que le stress et la crainte l'empêchaient de s'exprimer et de comprendre correctement ce qui était dit. Je lui expliquai donc la teneur de l'entretien et ajoutai même qu'à mon avis la réponse devrait être positive, même si l'assistante sociale ne s'était pas montrée très chaleureuse. C'est alors que la dame me déclara, les larmes aux yeux, qu'elle ne viendrait pas chercher la réponse parce que " … j'ai trop peur d'entendre encore un refus… " Toute la détresse de cette réfugiée se trouvait résumée en ces quelques mots : la peur… le refus.
UNE VISITE D'APPARTEMENT (?)Je visitais dernièrement un appartement avec un réfugié arménien. La pièce, d'une quinzaine de mètres carrés, se prolongeait par une autre réunissant à la fois le coin cuisine, la salle de bain et le w.c. Elles étaient situées dans les combles d'une ancienne maison et l'on y accédait par un escalier en colimaçon. Tout était dans un état de décrépitude assez affligeant : tapisserie usée et salie, auréoles d'humidité au plafond et sur le plancher mais " …il ne pleut pas à l'intérieur… ", chauffe-eau situé dans la cage d'escalier avec seau en dessous pour récupérer le ruissellement d'eau provenant d'un joint usé voire pourri mais " …ce sera réparé d'ici peu… " Quant au wc et lavabo, n'en parlons pas… Heureusement par le lanterneau, unique source de lumière, on pouvait voir la flèche dorée de l'hôtel de ville ; " …vue unique… on vient du monde entier pour admirer cela… " Studio à la limite de l'insalubrité et à y devenir fou pour le prix très intéressant de 350 EUR par mois…(sic). Notre réfugié hésita : le prix était dans les possibilités de ses maigres ressources et il devait absolument quitter son logement actuel pour la fin du mois.
UNE MISSION « SURPRISE » (*)

UNE HISTOIRE D’ESCALATOR

M.C















